Cet album marque le retour gagnant et confirme la maturité de l’artiste sur la scène musicale en trente-neuf ans de carrière.
S’il est un artiste camerounais de la diaspora à écouter ces temps-ci, c’est absolument Kilama ou Per Kil, selon vos désirs. Il s’est établi en France depuis plusieurs années. Son retour au Cameroun est fait sur fond musical. Dans ses valises, il transporte son « Apothéose ». Un nom de baptême dû à sa longue carrière et surtout cette lueur d’espoir qui semble se pointer à l’horizon. « Il est baptisé Apothéose parce que ça fait déjà plus de vingt ans que je fais de la musique. Pendant tout ce temps, j’ai essayé de voir de tous les côtés, de travailler pour arriver aujourd’hui à accepter ce que moi-même je fais. C’est juste un peu prétentieux de ma part comme je l’accepte ; mais, je me dis que je commence à voir le bout du tunnel, j’abouti à mes propres recherches », explique-t-il. Cet album s’illustre donc pour Kilama comme un aboutissement voire une consécration du travail abattu jusqu’ici. Bien qu’établi en hexagone, ses chansons sont puisées au plus profond des rythmes de l’ethnie bassa (makune, assiko) dont-il est originaire et une ouverture avec du makossa et un peu de salsa/tango.
« Apothéose » est donc un album de variété comptant neuf titres plus une version instrumentale. Avec plusieurs cordes à son arc, Kilama se positionne aussi comme un conseiller efficace. Conscient du déséquilibre social, il demande aux citoyens, dans « Libak Jem », de s’accepter tels qu’ils sont parce que « nous vivons dans un monde où, il suffit d’une moindre chose pour qu’on te mette à l’écart. Il y a des riches, il y a des pauvres ; mais si on s’accepte, on peut tous vivre aisément. Le monde est très grand et chacun à sa place sur cette terre ». S’égrenant sur le rythme des percussions et autres instruments modernes, l’artiste entraîne le mélomane dans un « Makune HD (Haute définition) » ; un rythme patrimonial qu’il faut, chante-t-il en bassa, préserver jalousement. Car, c’est notre danse et notre identité. Un patrimoine si bien valorisé pour quelqu’un qui n’a véçu qu’avec la tradition des autres. En dépit de toutes les turpitudes que traverse l’Afrique actuellement, seule la volonté et le courage de ses fils et filles la sortiront de cet enfer. C’est pourquoi, le timbre vocal (brute sans artifice) de sa fille Mary G. Kil, crie tout haut « Yes we can ». Pour cette dernière, ce « n’est pas avec les mais et les si… que l’on traversera une rivière. Mais c’est en édifiant un pont ou en construisant une pirogue. Il faut vraiment y croire ou simplement y vouloir. Car la vie est un combat partout tous les jours. Somebody said, I have a dream. Another said Yes we can », fredonne la « fille » de papa.
Dans ce combat quotidien, l’on est souvent assommé par les coups de l’amour. Dans « Toi et moi » chanté en français et en langue maternelle, il manifeste sa surprise vis-à-vis de « sa » femme qui l’a trahi, déçu et abandonné en allant voir ailleurs. Un problème donc sont victimes plusieurs amoureux de nos jours. Dans un style tout aussi enlevé, le mélomane écoutera avec fierté « A yuga », « Bako » et « Angel ». Des titres enregistrés, réalisé et arrangé au Cameroun et en France avec l’appui des grands noms de la musique locale tels que Joly Priso, Blaise Essame, Etienne Parish, Ntumba Minka, Ebeny Ibiih-Lapée, Mouasso Elame… Un ensemble de participation faisant d’« Apothéose », l’album de maturité de Kilama. Mais, il a encore de beaux restes à nous faire découvrir.
Frank William BATCHOU
je découvre cet artiste après son passage hier sur la radio nostalgie comme invité. il chante merveilleusement bien. jai kiffé son makunè folk, cest tres original. si vous pouvez me dire où le disque se vend. merci.
RépondreSupprimerLe dollar