A la découverte des origines du bikutsi

Devenu un rythme musical très prisé dans les boîtes de nuit et autres manifestations par les mélomanes, l’on ignore toujours d’où il provient et pour quelle raison il a été crée.

Le bikutsi est un rythme musical très répandu dans les régions du centre et du Sud Cameroun. Depuis les périodes indépendantistes, ce genre musical a subit plusieurs évolutions. Et à chaque génération, ses artistes de renommée nationale voire internationale. On a par exemple : Les têtes brûlées, Ange Eboko Emérant, Anne Marie Nzié, Djan le zappeur, Govina, Mbarga Soukouss, K Tino, le Richard Band de Zoétélé et aujourd’hui, Aïjo Mamadou, Majoie Ayi, Lady Ponce, Patou Bass, Tonton Ebogo, Tsimi Toro, Ama Pierrot, la liste est longue d’être exhaustive.  A la question de savoir quelles sont les origines de cette musique raffolée par les mélomanes, plusieurs d’entre eux restent sans voix. « Ce n’est pas de notre devoir de connaître d’où le bikutsi vient. Notre mission est de vous faire danser », rétorque sans honte un courageux de la troupe.




Rien de grave.  Le Bikutsi est, à l’origine, une propriété intellectuelle des femmes Fang-Beti, dans la région du Sud. Le nom « Bikut-Si » ou « Bikutsi » viendrait de l’Éwondo : « Bia kut si ». Lequel signifie : « nous frappons le sol ». D’après Véro la reine, artiste musicienne excellant dans ce rythme et établie en Autriche depuis plusieurs années, les fonctions du Bikutsi sont variées. D’abord, « c’est une Musique de complainte dont la femme s´en servait pour répondre à son Mari. Elle y manifestait son mécontentement à travers un cantique et l’homme était obligé d’écouter les paroles qui tenaient lieu de contestation ;  une Musique de conseils. Car, c’était un moyen formidable qui permettait de donner des conseils à la femme qui allait en mariage ; une Musique de démonstration pratiquée pour dénoncer les exactions d’un chef, lorsque ce dernier avait eu un mauvais comportement ; et enfin une Musique thérapeutique étant donné que le but était de guérir ceux qui étaient angoissés, attristés par une crise ou un malheur ».
Ainsi se décline en quelques mots, les origines et les fonctions de cette musique devenue la chasse gardée de certains artistes camerounais.




Frank William BATCHOU

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